RNCP/RS : Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué
Jacqueline BOULARIAH
Dans mon précédent article, je pointais une certification mal identifiée dans la communication d'un organisme de formation - la certification existait, mais était difficile à retrouver.
Ici, il s'agit des effets d'annonce à éviter.
J'étais tombée sur un OF proposant une formation visant un métier inscrit sur la liste des métiers émergents ou en particulière évolution (MEPE) de France compétences.
Sa communication annonçait une « demande d'enregistrement déposée auprès de France compétences, dossier en cours d'instruction ».
L'information en elle-même n'était pas fausse.
Toutefois, l'expression « en cours d'instruction » peut laisser croire que l'enregistrement n'est plus qu'une question de temps.
Or, un dossier peut être refusé.
Et un refus suppose du temps pour retravailler les points litigieux et pour une nouvelle instruction.
Alors, pourquoi une telle prise de risque dans cette communication ?
Beaucoup d'acteurs considèrent à tort que la procédure dérogatoire prévue pour les MEPE facilite fortement l'obtention de la certification.
Ce n'est pas le cas.
Elle dispense uniquement des critères 1° à 2° ter de l'article R.6113-9 du Code du travail (cf. fiche n°25 du Vademecum 2026) — sur les 9 que compte le RNCP.
Le reste du dossier (référentiels, ingénierie, solidité du projet) est examiné avec la même rigueur.
Et tant que la Commission de France compétences n'a pas statué, la certification n'existe pas.
Loin de moi l'idée de faire un procès d'intention à cet établissement.
Mais ce type de maladresse a des conséquences plus lourdes qu'il n'y paraît, d'autant qu'un danger supplémentaire s'ajoute ici : les métiers inscrits sur la liste des MEPE ont une date d'échéance.
En cas de refus, entre le moment où la décision tombe et celui où l'organisme est prêt à redéposer, le métier peut avoir disparu de la liste.
Il faudra alors répondre aussi aux critères 1° à 2° ter.
Au-delà de ce cas, le principe est le même pour tous : il faut être très prudent dans sa communication au public et ne pas chercher à anticiper une décision positive, qu'il s'agisse d'un enregistrement ou d'un renouvellement, au RNCP comme au RS.
C'est le refus, et non l'enregistrement du dossier, qu'il faut anticiper.
Si ce type d'effet d'annonce est facilement identifiable dans la communication publique, d'autres anomalies demandent une analyse plus fine pour être révélées : un organisme habilité qui s'éloigne des engagements pris envers son certificateur ; un certificateur qui néglige certaines de ses propres obligations.
Si cette lecture vous interpelle, c'est le bon moment pour faire le point sur vos certifications et habilitations.
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